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La Guerre des Prix

Film français d'Anthony Dechaux, avec Ana Girardot, Olivier Gourmet et Julien Frison.


La Guerre des prix, thriller haletant sorti en salles le 18 mars 2026, plonge le spectateur dans les coulisses impitoyables de la grande distribution française. Réalisé par Anthony Dechaux à partir d'un scénario qu'il co-écrit avec Maël Piriou, Benjamin Charbit et Mathilde Belin, ce premier long-métrage d'une durée de 96 minutes explore les tensions entre agriculteurs et centrales d'achat avec une tension digne d'un polar. Au centre, Ana Girardot incarne Audrey, fille d'agriculteurs et cheffe de rayon propulsée à la centrale d'achat de son hypermarché provincial. Elle y défend les intérêts des producteurs locaux, dont ceux de son frère Ronan (Julien Frison), face à un système corrompu qui érode ses valeurs. Face à elle, Olivier Gourmet excelle en Fournier, négociateur aguerri aux méthodes redoutables, tandis que des seconds rôles solides comme Jonas Bloquet (Axel), Aurélia Petit (Claire Roussel) et Yannick Choirat (Christophe Landin) enrichissent l'intrigue.

Le pitch est limpide et accrocheur : Audrey, tiraillée entre ses origines rurales et l'ambition d'un monde concurrentiel, doit naviguer dans les négociations féroces imposées par la grande distribution aux agriculteurs. Ce "guerre des prix" met en lumière les pratiques oppressives des enseignes, où les marges des producteurs sont sacrifiées pour les profits.

J'ai bien aimé ce film, d'abord pour les acteurs, mais aussi pour le thème abordé et ce qui est montré. D'un côté, la vie d'éleveur, chef d'entreprise, qui passe son temps entre le quotidien d'élever les bovins, et celui de faire les comptes et trouver des financements. C'est le fonctionnement de toute entreprise, mais ici on voit le grand écart entre le travail de gestionnaire et celui du quotidien d'éleveur, car il est quasiment seul à tout faire, sa femme ayant un autre travail, même s'il a, lui aussi, des salariés (pour faire les yaourts).
De l'autre côté, on voit le fonctionnement de la centrale d'achat, du béton partout, des relations froides et impersonnelles où tout le monde joue pour ses objectifs uniquement sans penser aux conséquences pour les autres, que ça soit d'une entreprise pour une autre, ou même d'un salarié pour un autre. Au milieu de tout ça, Axel, qui semble intéressé par Audrey, mais surtout qui montre comment on s'en sort dans un univers aussi impitoyable : bien séparer sa vie personnelle de sa vie pro, ne jamais parler boulot à la maison. La scène avec les dirigeants avec les politiques est intéressante car finalement, il le dit lui-même : chacun joue son rôle, tout le monde se connaît, mais chacun essaie de montrer qu'il se bat pour les autres alors qu'en fait, tout le monde sait bien où ça va, et au final, l'argent qui pourrait aller aux petits fermiers va aux multinationales aidées, plus ou moins, par le gouvernement qui fait aussi le grand écart entre le pouvoir d'achat des ménages et les bénéfices des grands groupes, en laissant la grande distribution arbitrer au détriment des petits producteurs.

Que penser de tout ça ? Très bonne question. La réponse est compliquée pour le citoyen moyen qui doit faire attention à son porte-monnaie. Se passer de la grande distribution, c'est difficile car les prix sont plus chers ailleurs, ou bien cela demande de passer du temps à aller acheter chez les petits producteurs, encore faut-il qu'il y en ait près de chez soi. Aucune réponse n'est proposée dans ce film, seulement le fonctionnement, un peu plus en détail, sur un produit donné : le yaourt, qui est important pour chaque français, moi y compris, puisque j'en mange généralement un par jour.

C'est donc un film qui fait réfléchir, c'est déjà une bonne chose.

Voici la bande annonce :