Pillion
Cinéma
2026-03-15

Film britannique de Harry Lighton, avec Alexander Skarsgård, Harry Melling, Douglas Hodge, Lesley Sharp et Jake Shears.

Pillion, premier long-métrage de Harry Lighton, adapte avec finesse le roman Box Hill (2020) d'Adam Mars-Jones, explorant une romance queer inattendue dans le milieu BDSM britannique. L'histoire suit Colin (Harry Melling), un jeune homme timide et introverti travaillant comme contractuel, qui rencontre Ray (Alexander Skarsgård), leader charismatique d'un club de motards queer. Ray initie Colin à son univers de domination et de soumission, transformant cette relation en un récit d'apprentissage tardif, teinté de tendresse, d'humour et de sensualité brute.
Le film, présenté en avant-première mondiale dans la section Un certain regard à Cannes 2025 où il remporte le prix du meilleur scénario, oscille entre virées en moto, fêtes endiablées et moments d'intimité poignante, révélant la fragilité émotionnelle derrière les jeux de pouvoir. Harry Lighton, né en 1992 à Portsmouth, signe une œuvre audacieuse qui réinvente la "rom-com" en "dom-com" (domination-comedy), comme le décrit Skarsgård, sans jamais verser dans la vulgarité malgré des scènes explicites. La musique d'Oliver Coates amplifie cette tension entre désir retenu et fougue libérée, tandis que le titre Pillion – évoquant le siège passager d'une moto – métaphorise parfaitement la dynamique de dépendance et de découverte.
J'ai bien aimé ce film qui montre 2 personnages qui ne semble pas vraiment avoir de points communs, créer une relation. Le motard veut vivre sa vie, librement, et profiter d'une relation, et le pillion, Colin, cherche une relation, quel qu'elle soit, avec un homme qu'il puisse aimer.
Je trouve que cette relation dépeinte ici est un peu caricaturale, mais elle représente en fait beaucoup de relations existantes : la différence entre ce que les parents veulent pour leur fils, Colin, exprime bien des parents un peu intrusif dans la vie de leur fils ; la relation que Ray a avec les hommes semble compliquée, et comme le film suit Colin, on comprend mieux ses attentes, et en fait c'est assez rare de voir cette relation depuis ce personnage, souvent on voit la relation globalement et on juge les personnes comme ça. Ici, on ne juge pas, on regarde, on essaie de comprendre, et j'ai vu Colin, qui aimait réellement Ray, mais que la relation ne semble pas toujours satisfaire, et Ray, qui semble avoir peur de tomber amoureux, et qui, quand ça arrive, fuit !
C'est un très bon film, et même si la fin n'est pas très belle, une nouvelle histoire commence, et j'espère que Colin trouvera finalement un jour la relation qu'il cherche, comme chacun d'entre nous.
Voici la bande annonce :
