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Le dérèglement climatique

J'ai hésité avant d'écrire cet article, et je l'ai écris simplement pour lister mes recherches, et comprendre ce qui se passe ces jours-ci, car à Orléans, il y a des pics jusqu'à 40 degrés. C'est rare, mais c'est, à mon sens, de plus en plus fréquents et ça dure de plus en plus longtemps : sur des pics pendant 3 jours, mon appartement reste frais, mais après 4 ou 5 jours à plus de 35, la température de l'appartement ne descend pas au-dessous des 27, ce qui rend les nuits un peu difficiles.

Le but ici est de comprendre l'état des recherches concernant le CO2 et le réchauffement climatique. J'ai beaucoup hésité en écrivant cet article, pour savoir s'il devait s'appeler réchauffement ou dérèglement climatique. Je suis arrivé sur le terme dérèglement car s'il y a effectivement un réchauffement, c'est plus la fréquence des canicules qui pose problème que leur température, je vais rentrer dans le détail un peu plus bas.

Historique

Tout d'abord, c'est en 1824 (dans son mémoire qui sera publié en 1827), que le français Joseph Fourier s'intéressa à la température de la Terre. Il y décrit quelque chose qui nous parait simple aujourd'hui : la lumière du soleil traverse l’atmosphère et chauffe la Terre et sa surface, et à son tour, la Terre renvoie ce qu'il appelle la chaleur rayonnante obscure (le rayonnement infrarouge) dans l'atmosphère, qui l'absorbe et en renvoie une partie vers la surface, ce qui limite les pertes.

Seulement, d'après ses calculs, la température à la surface de la terre devrait être plus froide. Il y a donc autre chose. C'est la découverte de l'effet de serre : le fait que les rayonnements infrarouges soient absorbés par l'atmosphère et forment comme un couvercle.

Quelques années après, c'est Eunice Newton Foote, une américaine, qui fait une expérience en enfermant des gaz dans des cylindres de verre exposés au soleil. Elle s'aperçoit alors que certains gaz retiennent la chaleur plus que d'autres, et notamment le dioxyde de carbone (CO2). Elle explique alors qu'une augmentation du CO2 dans l'air pourrait provoquer un réchauffement global.

Mais c'est John Tyndall qui lui vole la vedette car une femme ne peut pas présenter ses travaux à l'Association Américaine pour l'avancement des sciences. John Tyndall reprend alors une partie de ses travaux et les enrichit en démontrant la capacité d'absorption de différents gaz, notamment du CO2 et du méthane (CH4) qui est encore plus puissant. Ces gaz n'absorbent pas directement les rayons du soleil, ils absorbent les rayons que la Terre émet en retour, quand elle chauffe à la suite du rayonnement solaire, c'est donc bien un effet couvercle qui se produit, la chaleur étant reçue du soleil par la surface, et conservée grâce à ces gaz.

Au début, ces recherches ne visaient pas à expliquer le réchauffement, mais à comprendre pourquoi, à certains moments, le terre était plus froide, notamment pendant les ères glaciaires, et à d'autres moment plus chaude. Et les calculs qui sont ensuite effectués par le suédois Svante Arrhenius en 1896 permettent de créer un modèle mathématique qui démontre qu'une réduction de moitié de ces gaz à effet de serre fait diminuer la température à la surface de la terre d'environ 4 à 5 degrés, ce qui correspond à une ère glacière, tandis qu'un doublement de cette concentration pourrait faire augmenter la température de 5 à 6 degrés (plus tard, d'autres modèles affinent ce calcul pour arriver à une moyenne à la hausse entre 1.5 et 5 degrés, et il est vrai que prédire cela semble un peu difficile non pour ce qui est de comprendre le fonctionnement, mais de trouver une vraie valeur, car la température de l'atmosphère n'est pas simplement une température en un point donné, mais une température globale, par définition impossible à mesurer de manière exhaustive, surtout à cette époque).

Début XXème, la météorologie s'affiche, on envoie des balsons-sondes entre 1890 et 1910, et cela va donner la définition au niveau international de l'atmosphère standard (ISO), qui a une pression de 1013.15 hPa au niveau de la mer, et une température de 15°C. Ces valeurs sont choisies pour mettre en place un modèle d'aérologie qui permet aux avions de voler à la même altitude. Cela représente le commencement des modèles mathématiques modélisant l'atmosphère. Lors de la publication de la norme ISO 2533 qui enterine la description de l'atmosphère standard, publiée en  1975, la valeur de 314ppm de CO2 a été retenue. Cette valeur a nettement évoluée pour atteindre 370ppm en 2000, et se situer autour de 425ppm aujourd'hui, en 2026.

Controverses

On peut dire qu'il y a un consensus scientifique autour de cette question du réchauffement climatique. En fait, très rares sont ceux qui contestent ces résultats, et aucun papier, contrairement à d'autres théories qui sont régulièrement remises en cause par les scientifiques, ne vient remettre en cause le réchauffement climatique. Toutefois, on peut lire parfois que certaines scientifiques remettent en cause la causalité humaine dans ce réchauffement, mais souvent, c'est mal lire les études qui, dans certains cas, ne font que de ne pas le mentionner, toutefois les études qui sont publiées et réfutent la cause humaine au réchauffement climatique représentant entre 1% et 3% des études publiées, ce qui fait un consensus à plus de 97%.

Les rares scientifiques du climat à être sceptique sont Richard Lindzen (ancien professeur de météorologie au MIT), qui dénonce l'alarmisme du climat, et Judith Curry (ancienne directrice de l'école des sciences de la Terre et d el'atmosphère à Georgia Tech), qui pense que les modèles ne sont pas assez fiable pour affirmer le réchauffement comme le fait le GIEC.

Dans l'ensemble, d'après ce que j'ai pu lire, aucun scientifique (et sur les 3% cités plus haut, la plupart sont financés par l'industrie pétrolière), actuellement en activité, ne semble remettre en cause le consensus scientifique qui dit que le climat se réchauffe à cause des émissions humaines de CO2.

Certaines personnes ne croient pas en la science, et pour ces personnes, je pense qu'il faut rappeler que sans les chercheurs, sans la science, nous n'aurions ni satellite, ni téléphone portable, ni hélicoptères, ni même la plupart des médicaments ou encore les prévisions météorologiques, si mauvaises soient-elles parfois. La science n'est pas quelque chose qu'il faut aimer ou combattre, mais une étude minutieuse de ce qui nous entoure et que chacun peut remettre en cause, si tant est qu'il puisse donner des arguments permettant de faire des observations et de reproduire les expériences afin d'arriver aux mêmes conclusions.

Constatations actuelles

Plus haut, j'expliquais que j'hésitais entre réchauffement et dérèglement climatique. Effectivement, il y a bien un réchauffement. Je l'ai moi-même calculé, en prenant des valeurs que j'ai pu collecter depuis 10 ans, et j'arrive à voir une progression de la température annuelle à Bricy (près d'Orléans) en calculant cette moyenne sur l'ensemble des valeurs sur plusieurs années.

Sur le site Infoclimat, ils reprennent les relevés de Bricy sur la période 1981 à 2010 et 1991 à 2020. La valeur moyenne annuelle sur la période 1981-2010 est de 11.2°C, et la valeur moyenne annuelle sur la période 1991-2020 est de 11.7°C, soit une augmentation des moyennes de 0.5° sur un décalage de 10 ans.

Mais ce qui m'inquiète le plus, est d'un autre ordre : ce sont les occurrences de températures supérieures à 30°C. En reprenant ces périodes, sur la période 1981-2010, la moyenne est de 11.2 jours par an avec plus de 30°C en température maximale, alors que sur la période 1991-2020, cela passe à 14 jours par an.

Ce que je constate, à Orléans, ce sont à la fois des températures maximales qui augmentent, et les épisodes qui se reproduisent plus souvent et durent plus longtemps.

Mes propres mesures à partir des observations sur la base aérienne de Bricy (METAR enregistrés depuis 2015) me donnent ces chiffres correspondant aux températures minimales et maximales par an depuis 2015 :

2015-738
2016-537
2017-937
2018-1237
2019-541
2020-339
2021-1233
2022-838
2023-535
2024-836
2025-739
2026-640

Sur une période de 10 ans, on ne peut pas être catégorique sur l'augmentation de la température maximale, mais on peut voir que les hivers sont un peu moins froids, et les étés, sont un peu plus chauds.

Transition énergétique et adaptation

Mon objectif en rédigeant cet article n'est pas de démontrer un réchauffement et d'insister sur le fait qu'il serait d'origine humaine. Les choses sont comme elles sont, c'est aux scientifiques de faire ces démonstrations et ces rapprochements, et je ne suis pas chercheur, et encore moins en climatologie, une science complexe, et dans ce type de recherche, il est difficile de ne prendre en compte qu'un seul paramètre qui serait le CO2, alors que la météo est vraiment très difficile à prévoir car il y a beaucoup d’interactions. Chacun son travail.

Pour ma part, je cherche 2 choses qui sont liées : un meilleur confort. La première partie, c'est l'électrification, et la deuxième, c'est la recherche d'une température agréable pour vivre.

Concernant l'électrification, que cela concerne le chauffage ou les transports, j'y vois plusieurs avantages, notamment la souveraineté, car nous sommes un des pays qui produisons le plus d'électricité nucléaire, et donc nous-même sans importer de gaz et de pétrole. Quand les courts du gaz et du pétrole fluctuent parfois du simple au double d'un mois à l'autre, celui de l'uranium semble beaucoup moins impacter le prix de l'électricité. Donc au lieu d'acheter du pétrole, quand c'est possible, je pense que c'est mieux d'acheter de l'électricité (malheureusement, cela ne s'applique pas partout, notamment dans l'aérien).

Concernant la recherche d'une température agréable pour vivre, j'aime bien, l'été, aller vers le nord. J'ai habité plusieurs années à Madagascar, et on avait de fortes chaleurs en journée, toujours très sec. Après quoi, un orage éclatait et le soir, il faisait très frais, c'était alors possible de dormir. En France, quand il fait chaud, parfois cela dure même le soir et la nuit, alors c'est difficile de dormir. Ce qui m'étonne le plus, ce sont les constructions des années 1990, en verre, sans clim, et quand il fait chaud pendant plusieurs jours, on peut parfois avoir des températures à l'intérieur supérieures à celles qui sont à l'extérieur. Dans ces cas-là, je suis partisan de l'installation d'une climatisation, ce que j'ai fait à mon bureau, et ce que je compte bien faire chez moi dans les mois ou années qui viennent, car c'est, pour moi, un vrai inconfort de devoir dormir avec des températures de plus de 26°C.

En conclusion. D'une part, le consensus scientifique est clair : le réchauffement climatique est là, et les humains en sont responsables. Toutefois comme aucun traité international ne semble être accessible pour obtenir une réduction de la cause, il faut alors s'adapter pour faire face aux conséquences. Dans certains cas, la climatisation est utile, même si, avant cela, on peut essayer autre chose (une meilleure urbanisation avec plus de parcs et d'arbres, une meilleure conception des bâtiments pour éviter l'effet de serre dans le bâtiment, notamment).
Je ne suis pas pour une idéologie qui viendrait mettre fin à certaines pratiques, mais au bout d'un moment, il ne faut pas se voiler la face : l'adaptation va devenir indispensable, au moins pour notre santé.