La Géothermie
Sciences
2026-07-15

Depuis le mois de mai, c'est l'effervescence un peu partout. Il fait chaud, très chaud, avec des records battus parfois plusieurs jours d'affilés dans les grandes villes de France, et Orléans n'est pas épargné avec des pics à plus de 40° en journée, et parfois, ça ne redescend pas la nuit plus bas que la température de mon appartement, avec des nuits qui restent parfois à plus de 30. Impossible de dormir, les nuits passent parfois de 7h30 en moyenne dans l'année, à moins de 6h pendant ces périodes de forte chaleur.
Je vois la température de mon appartement augmenter d'environ 0.5 à 1 degré par jour, pendant ces périodes de forte chaleur, avec une très faible baisse car il faudrait se lever à 5h pour aérer, et donc faire des nuits encore plus courtes, car à 7h, il fait déjà plus chaud dehors que dedans. Au bout de 15 jours de fortes chaleurs, il fait 30 degrés dans l'appartement, et les 3 canicules de mai, juin et juillet ont duré chacune 15 jours environ, sans vraiment redescendre au niveau habituel, soit 20° dans l'appartement dans les périodes plus calmes.
Il y a 2 ans, suite à la panne définitive de ma chaudière à gaz, j'ai demandé à la copropriété l'autorisation de mettre en place une pompe à chaleur sur ma terrasse, bien cachée, et cela a été refusé. Même s'il est parfois possible de faire un recours, j'ai préféré le status quo, avec le remplacement de ma chaudière à gaz par une chaudière électrique, et un chauffage électrique aussi en hiver, qui, avec l'appartement qui se situe au 2ème étage, ne demande pas grand chose pour rester autour de 20 degré chaque jour.
En mai, puis en juin, la chaleur est là, et ce refus de mettre en place une pompe à chaleur réversible me revient en pleine figure puisque cette fois, je n'ai pas de solution. Je décide de faire comme beaucoup : partir. Je suis allé voir un ami en Bretagne pour aller rechercher le frais. Est-ce que c'est ça l'idée ? Quand il fait trop chaud, il faut migrer vers le nord (et quand il fait froid, migrer vers le sud ?). Apparemment, l'hiver, on a le droit de vivre à 20, même 25, en allumant le chauffage, et personne ne dit rien. Et l'été, si de mai à octobre, il fait 30 à 40, il va bien falloir trouver une solution, car je ne vais pas pouvoir continuer de vivre ici avec ces chaleurs.
Aussi, j'ai décidé de trouver une solution concrète. La première idée est d'utiliser une PAC, Pompe à Chaleur réversible. Avec ce système, la pompe récupère la chaleur et crée plus de chaleur l'hiver et de la fraîcheur l'été. Sur le papier, c'est bien, très bien même, à tel point que le gouvernement subventionne ce type d'installation pour la création de chaleur. Mes parents en ont profité pour installer une PAC air/eau pour se chauffer l'hiver. En général, ça fonctionne bien, mais quand il fait très froid, c'est un peu difficile, il faut parfois plusieurs jours pour que le système s'équilibre et la maison revienne à 20 degrés, et l'été, il ne se passe rien.
J'ai continué mes recherches et j'ai regardé du côté du puis Canadien. Ce système me paraissait intéressant car il permet de profiter de la température de la terre pour moins consommer dans la maison. Mais après quelques recherches, il semble que ça soit compliqué à installer et l'air provenant du fond du jardin, peut contenir certains polluants, voire même créer ses propres polluants dans les conduites. Ça peut fonctionner correctement l'été, en rafraîchissant la maison, mais l'hiver, sauf s'il fait moins de 15 degrés, ça ne va pas réchauffer la maison.
En poursuivant mes recherches, je suis arrivé à la géothermie, qui rassemble ces technologies en les améliorant : on utilise une PAC sur laquel on branche un tuyau que l'on met dans un puits, et on fait passer un liquide spécifique (de l'eau glycolée) qui va faire profiter la PAC d'une chaleur constante toute l'année, environ 15 degrés. Avec ces 15 degrés, en hiver, la PAC va extraire les calories et va faire un très bon chauffage au sol, avec de la chaleur douce, et en été, la PAC ne va plus rien faire, elle va juste transmettre les 15 degrés du forage dans un système de ventilation et rafraîchir l'air ambiant. On a donc une PAC améliorée l'hiver, qui ne faiblira pas par grand froid car elle aura toujours sa température de 15 degrés, et une ventilation avec de l'air refroidi l'été, pour rafraîchir la maison sans consommer plus qu'un ventilateur.
Le hic, car il y en a un : le coût d'installation. Déjà, pour l'installation d'une PAC, il faut compter environ 10 000 € à 15 000 € suivant le système et la maison. Mais à cela, il faut maintenant ajouter le coût du forage. Il y a plusieurs systèmes de forage, en surface avec un forage horizontal, où l'on fait passer un tuyau dans des tranchées à quelques mètres de profondeur, dans tout le jardin (mieux vaut faire cela à la construction car cela détruit le jardin), ou bien en profondeur, vertical, où on va faire un forage de 50m à 150m suivant les couches, pour récupérer la température du sol, sans poser de problème avec l'environnement proche de la maison. Avec tout ça, il faut ajouter environ 30 000 € à 50 000 € pour le forage, ce qui fait exploser le prix du système, et l'état ne subventionne pas plus qu'une PAC normale.
C'est une technologie un peu compliquée, avec des coûts élevée, mais qui a un rendement largement supérieur à une PAC air/eau ou air/air, et qui est difficile à mettre en place en milieu urbain. Il faudrait mutualiser cela, un peu comme le chauffage urbain, pour avoir une usine géothermique qui ensuite redistribue un flux à chaque appartement ou maison pour permettre le fonctionnement d'une PAC chez soi. Malheureusement, le chauffage urbain n'étant pas vraiment très répandu, ce n'est pas encore d'actualité de mettre en place un rafraîchissement urbain. Enfin, c'est ce que je pensais, mais ça existe déjà à Paris avec Fraicheur de Paris, l'entreprise qui gère le réseau de froids à Paris. C'est là qu'on se demande un peu pourquoi tout le monde dénonce la clim alors qu'il existe bien des réseaux urbains pour ça. Et comme cela n'existe pas dans les petites villes, les copropriétés et les municipalités devraient s'organiser pour permettre aux habitants d'organiser un système de rafraîchissement.
Pour finir, quelques chiffres intéressants :
- l'ADEME indique qu'en 2025, 24% des logements en France sont climatisés,
- France Info indique en 2026 que les 2/3 des bureaux (tertiaire) sont climatisés et la quasi-totalité des centres commerciaux
La plupart des sites internet que j'ai consulté indiquent une consommation de 2kWh par heure d'utilisation d'une climatiseur, sachant que le climatiseur mobile laisse rentrer de la chaleur et fait moins baisser la température que la climatisation en PAC réversible, donc la PAC réversible aura une meilleure efficacité et fournira un meilleur confort que le climatiseur mobile, pour moins cher (après les frais d'installation).
Ce que je trouve amusant, c'est que la plupart des sites proposent de comparer la consommation de la climatisation à celle d'un réfrigérateur. Comme si on pouvait comparer l'utilisation du chauffage, en hiver, à cette d'un four !!! Je ne vois pas dans quelle mesure ce serait comparable. On pourrait toutefois comparer la climatisation à la consommation du chauffage, et on s'apercevrait que ça serait moindre, et on pourrait comparer aussi la consommation de la climatisation à celle d'un climatiseur mobile, comme je l'indique plus haut, et les sites qui font cela mettent en évidence une consommation moitié moindre avec une PAC réversible, qu'avec un climatiseur mobile.
En conclusion, la solution la plus efficace, que je retiens, est la géothermie, mais avant cela, il existe un certain nombre de solutions qui permettent de mieux dormir l'été (et en même temps, personne ne s'inquiète de bien dormir l'hiver, puisqu'il suffit de ne pas mettre de chauffage, on dort toujours mieux dans le froid que dans la chaleur, il suffit de rajouter une couverture). Et je souligne aussi que si les 2/3 des bureaux sont climatisés, pour le confort, on devrait penser à climatiser son lieu de vie, pour sa santé.
