FireMETAR
Aviation
2026-10-12

SOMMAIRE
Avant chaque vol, et souvent bien avant, j'ai le même réflexe : regarder le METAR et le TAF des terrains autour de moi. Pour que ce geste prenne trois secondes et pas trois minutes, j'ai écrit en 2022 une petite application Android, FireMETAR. Quatre ans plus tard, elle a été entièrement refaite : nouvelle interface, nouvelles sources de données, sept langues. Voici pourquoi elle existe, à quoi elle sert, et pourquoi elle pourrait bien vous servir aussi.

Le besoin : un coup d'œil, pas un briefing
Quand on vole en VFR, c'est la météo qui décide. Pas seulement le jour J : toute la semaine, on surveille. Le plafond va-t-il se lever demain matin ? Le vent passera-t-il sous la limite de l'avion ? Le front annoncé arrivera-t-il avant ou après le retour ? Et le matin du vol, avant de prendre la voiture pour aller au terrain, on vérifie une dernière fois.
Pour ce genre de question, il n'y a pas besoin d'un dossier de vol complet. Il faut deux messages : le METAR, l'observation de la dernière demi-heure, et le TAF, la prévision des heures qui viennent. Et il les faut pour une poignée de terrains : le sien, ceux des alentours, la destination du week-end.
Les outils existent, bien sûr. Le site officiel de Météo-France, Aeroweb, est indispensable pour la préparation d'un vol, mais il n'est pas pensé pour un coup d'œil sur téléphone. Les applications complètes de préparation des vols font tout : cartes, NOTAM, plans de vol, devis de masse et centrage… et pour lire trois METAR, il faut traverser des menus, souvent avec un compte, un abonnement ou de la publicité. Ce que je voulais était beaucoup plus simple : ouvrir l'application, voir mes terrains, refermer l'application.
Les débuts, en 2022
La première version de FireMETAR date de janvier 2022. Elle affichait une liste fixe de terrains avec leur METAR, un bouton de mise à jour, et le TAF dans une fenêtre quand on touchait un terrain. Au fil des versions sont arrivés la suppression d'un terrain par un appui long, l'ajout par code OACI, puis une liste d'autocomplétion avec les terrains européens publiant un METAR. Les premiers bêta-testeurs l'ont reçue par Google Play quelques jours plus tard. J'ai raconté cette aventure dans le dossier ma première app Android.
Elle a rendu service pendant quatre ans, mais elle montrait son âge. L'interface était celle d'un premier projet. La liste restait vide tant que le serveur n'avait pas répondu, et sans réseau il n'y avait plus rien à lire. Les données passaient par deux services commerciaux, avec des clés d'accès à gérer. Et la liste des terrains s'arrêtait aux frontières de l'Europe. Plutôt que de la rapiécer, je l'ai réécrite entièrement.
FireMETAR 2026 : ce qui change
La nouvelle version garde l'idée de départ, une liste de terrains et rien d'autre, mais tout le reste est neuf.

La liste des terrains, le TAF d'un terrain, et la recherche.
- Une carte par terrain, avec le METAR complet, son âge (« il y a 12 min ») et la catégorie de vol en couleur : vert pour VFR, bleu pour MVFR, rouge pour IFR, violet pour LIFR. On voit d'un regard où le temps est bon et où il ne l'est pas.
- Un TAF enfin lisible : en touchant une carte, la prévision s'ouvre avec chaque groupe TEMPO, BECMG, PROB ou FM sur sa propre ligne, l'heure d'émission et la période de validité.
- Le monde entier : plus de 7 700 terrains publiant un METAR, que l'on retrouve par code OACI, code IATA ou nom, avec ou sans accents. « orle » trouve Orléans, « CDG » trouve Roissy.
- Toujours à jour : les données se rafraîchissent toutes les quelques minutes tant que l'application est ouverte, et en tirant la liste vers le bas.
- Hors ligne : les dernières données restent affichées, avec l'heure de leur mise à jour et un bandeau qui signale l'absence de réseau. Plus de liste vide au fond d'un hangar.
- Simple : on ajoute un terrain avec le bouton orange, on le retire en faisant glisser sa carte vers la gauche, avec possibilité d'annuler.
- Sept langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien, tchèque et polonais, selon la langue du téléphone.
Pour ceux qui utilisaient déjà FireMETAR : la mise à jour reprend automatiquement votre liste de terrains, il n'y a rien à refaire.
Lire un METAR et un TAF avec FireMETAR
FireMETAR affiche les messages tels qu'ils sont émis, sans les traduire en phrases : c'est le format que l'on apprend en formation, et c'est le plus rapide à lire une fois qu'on en a l'habitude. Prenons le METAR d'Orly affiché dans l'application :
METAR LFPO 072030Z 33009KT 7000 SHRA BKN008 BKN043 15/14 Q1007 NOSIG
Observation à Orly le 7 à 20 h 30 UTC ; vent du 330 pour 9 nœuds ; visibilité 7 km ; averses de pluie ; nuages fragmentés à 800 ft et à 4 300 ft ; température 15 °C, point de rosée 14 °C ; QNH 1007 hPa ; pas de changement significatif attendu. Avec une base à 800 ft, l'application classe le terrain en IFR, en rouge, et on comprend tout de suite que ce n'est pas un temps de balade.
Les catégories de vol sont calculées par l'Aviation Weather Center américain, d'après le plafond (la plus basse couche fragmentée ou couverte) et la visibilité :
- VFR : plafond au-dessus de 3 000 ft et visibilité supérieure à 5 milles (environ 8 km) ;
- MVFR (VFR marginal) : plafond entre 1 000 et 3 000 ft, ou visibilité entre 3 et 5 milles ;
- IFR : plafond entre 500 et 1 000 ft, ou visibilité entre 1 et 3 milles ;
- LIFR (IFR bas) : plafond sous 500 ft, ou visibilité inférieure à 1 mille.
Ce sont des définitions américaines, pas les minima VFR européens : la couleur est un repère pour trier ses terrains d'un regard, pas une autorisation de décoller. La décision reste celle du pilote, message en main.
Le TAF, lui, est souvent long et dense. FireMETAR le découpe pour qu'on le lise comme une chronologie :
TAF LFOJ 071400Z 0715/0815 20007KT 9999 BKN020
TEMPO 0715/0720 4000 SHRA SCT015 BKN020TCU
PROB30 TEMPO 0715/0720 2000 TSRA BKN008 BKN015CB
BECMG 0717/0719 33015KT
Première ligne : la situation de base pour Orléans-Bricy, valable du 7 à 15 h au 8 à 15 h UTC, vent du 200 pour 7 nœuds, visibilité de 10 km ou plus, nuages fragmentés à 2 000 ft. Ensuite, des averses temporaires jusqu'à 20 h, 30 % de risque d'orage avec des cumulonimbus, puis un vent qui s'établit au 330 pour 15 nœuds entre 17 h et 19 h. Ligne par ligne, la journée se raconte toute seule.
Comment ça marche, pour les curieux
Les données viennent de l'Aviation Weather Center de la NOAA, le service météo aéronautique américain. Il redistribue gratuitement les METAR et TAF du monde entier, ceux de Météo-France compris, tels qu'ils circulent sur les réseaux internationaux d'échange de données météo.
Entre l'application et l'AWC, il y a mon serveur, firemetar.eu, qui joue le rôle de tampon. Il garde le dernier METAR et le dernier TAF de chaque terrain demandé, et il les rafraîchit toutes les cinq minutes pour les terrains utilisés récemment. L'application, elle, envoie une seule requête pour toute sa liste et reçoit une réponse compacte. Résultat : l'affichage est quasi immédiat, l'application consomme très peu de données et de batterie, et l'AWC ne reçoit qu'une poignée de requêtes, quel que soit le nombre d'utilisateurs.
Côté téléphone, l'application a été réécrite en Kotlin avec Jetpack Compose, la boîte à outils actuelle d'Android. Les dernières données sont gardées sur le téléphone : au lancement, la liste s'affiche aussitôt avec les valeurs connues, puis se met à jour en arrière-plan.
Vie privée : rien à déclarer
FireMETAR ne demande pas de compte, ne contient ni publicité ni outil de statistiques, et ne collecte aucune donnée personnelle. La seule chose qui quitte le téléphone est la liste des codes de vos terrains, par exemple « LFOZ,LFOJ,LFPO », qui n'est liée ni à vous ni à votre appareil. La liste elle-même reste sur le téléphone. Tout est détaillé dans la politique de confidentialité.
Ce que FireMETAR n'est pas
FireMETAR n'est pas une source officielle de briefing. Pour préparer un vol, la réglementation et le bon sens demandent davantage : les messages officiels sur Aeroweb, les cartes TEMSI et WINTEM, les NOTAM, la situation générale. FireMETAR est l'outil d'avant : celui de la veille, du « est-ce que ça vaut le coup d'aller au terrain ? », du dernier coup d'œil sur le parking avant de partir. C'est d'ailleurs écrit dans l'application.
L'essayer
FireMETAR est gratuit et fonctionne sur Android 8 et les versions suivantes :
- installez-le depuis Google Play ;
- touchez le bouton orange et tapez le code ou le nom de votre terrain, puis de ceux qui vous entourent ;
- touchez une carte pour lire le TAF, tirez la liste vers le bas pour la rafraîchir, faites glisser une carte pour la retirer.
Le site firemetar.eu présente l'application en neuf langues. Et si vous avez une idée, une remarque ou un terrain qui manque, écrivez-moi à firemetar@vagner.fr : FireMETAR est né d'un besoin de pilote, il progressera avec ceux des autres.
Bons vols, et que vos METAR soient verts !
