Namur
Navigations
2026-04-25

Depuis un moment, j'essayais de proposer à Paul, un jeune pilote de l'aéroclub, de l'emmener faire un petit vol à l'étranger. Ces derniers jours, entre 2 concours, il a trouvé un moment de disponible, moi aussi, et la météo a été favorable, donc nous sommes partis pour voler ensemble sur le F-GAON.
Malheureusement, au même moment, l'exercice Orion 2026 est en cours, et cette fois, ils y sont allés bien comme il faut et tout l'est de la France est bloqué du sol au plafond, impossible de traverser jusqu'au FL195, c'est à dire aucun VFR, seuls les avions de ligne peuvent passer.
Donc pour trouver la destination, c'était un peu difficile. J'étais parti sur Bitburg, un petit aérodrome derrière le Luxembourg, pas trop loin mais bien sympa avec un restaurant pour manger le midi, mais à cause des exercices militaires, j'ai dû chercher ailleurs et on est finalement parti pour aller à Namur.
Je dois dire que j'ai été agréablement surpris de l'attitude de Paul pendant ce voyage. C'est l'un des très rares pilotes à préparer la nav et à faire des recherches sur les terrains à l'étranger, la plupart me laissant cette tâche (que j'adore faire effectivement). Donc la veille au soir, on a préparé un peu chacun de notre côté, mais en gardant contact, avec les NOTAM et la météo, le vol, si bien que le matin, on se retrouve vers 9h30 au hangar et on va faire les pleins avant de partir.
On décolle de Saint Denis de l'Hôtel, direction Maubeuge. J'y vais de temps en temps avant de traverser la frontière vers la Belgique. Le ciel est bleu, pas de nuages ou presque, tout se passe bien. On demande au contrôleur s'il ne veut pas activer le plan de vol sans que l'on se pose, mais il refuse. Donc on atterrit et on en profite pour refaire le plein.
Et là, première erreur : j'ai oublié mon portefeuille dans ma voiture, et surtout ma carte bancaire. A Maubeuge, il n'y a plus de carte BP ou Total, c'est un automate à carte bancaire qui débite 100€ et sert 100€ d'AVGAS ou d'UL. Si on veut plus, on remet la carte et on recommence. Donc là, c'est Paul qui sort sa carte bancaire. En même temps, on devrait avoir assez de 100€, puisqu'on avait les pleins.
On décolle, Paul orbite à l'est pendant que je contacte Lille pour activer le plan de vol, et on passe la frontière. Encore une fois, contrairement à tous les autres pilotes, Paul demande à faire la radio, et il le fait bien. On a contacté la zone de Charleroi en leur confirmant qu'on resterait en-dessous de leur TMA, mais on a dit bonjour au cas où, tout en anglais, ou presque.
Le vol vers Namur n'était pas très long, mais c'était efficace, tout s'est bien passé jusqu'à ce que l'on arrive vertical du terrain ou juste un peu avant, et là je me demande si on n'aurait pas du faire un PPR. Beaucoup de terrains en Belgique demandent un PPR en plus du plan de vol qui est quasiment obligatoire en Belgique. Et là, je n'ai pas fait. On avait lu les NOTAM, sans forcément tout comprendre donc on se pointe verticale terrain, on fait la radio et on suit un avion qui fait des tours de piste.
En final, alors que l'autre avion fait des tours de piste sur la piste en herbe 06L, j'indique qu'on va prendre la piste 06R, sachant qu'il y avait une piste de fermée, mais je croyais me souvenir que c'était celle en herbe, réservé aux aéronefs basés, et je n'ai pas relu le NOTAM en faisant le briefing d'approche. L'autre avion m'a repris en me disant que la 06R était fermée, et il a bien fait. On s'est posé sur la piste en herbe sans difficulté derrière lui.
On a voulu sortir de la piste en herbe en utilisant le taxiway, mais le NOTAM ne mentionnait pas que le taxiway était fermé aussi, donc on a du faire demi-tour et remonter la piste en herbe. Pas top l'arrivée, et en plus, personne à la tour pour nous donner des indications, c'est l'instructeur de l'autre appareil qui nous a aidé un peu. C'est assez rare que je fasse autant d'erreur en une seule fois. Mauvaise préparation ? Pas vraiment. Mais mauvaise représentation des procédures à l'arrivée, donc peut-être mauvaise préparation car si j'avais fait le PPR, j'aurai sûrement eu des informations complémentaires.
Bref, on s'est mis sur l'herbe et on a vu ce qu'ils faisaient de la piste en dur pendant qu'elle était fermée (car ce n'était pas indiqué sur le NOTAM, alors que des fois, ça l'est) : ils conduisaient des bolides type Jeep, à fond sur la piste, harnaché avec des casques, donc en mode speed).
Fini les bêtises, on va manger dans le restaurant de la plateforme, car là, pour le coup, j'avais réservé ! On a mangé un burger, c'était très bon.

Vers 14h, on a fini de manger, on passe à la tour payer la taxe. 20€, c'est raisonnable, mais la personne qui se trouve à la tour est un peu spéciale : difficile de lui parler, en français ou en anglais, il ne semble pas comprendre ce qu'on lui demande, simplement un reçu pour la taxe, pas possible, et s'il a reçu mon plan de vol, on saura pas vraiment. Il nous confirme quand-même que la piste est à nouveau bloquée à 15h30, donc on repart avant.
On décolle de la piste en dur, cette fois, et la radio est toujours très discrète. On dit bonjour, il répond de même et après aucune réponse à nos messages. Donc on abandonne la phraséo de l'AFIS pour prendre une phraséo d'auto-info, et ça marche mieux, il répond même aussi des fois. C'est peut-être mieux comme ça !
On décolle de Namur pour faire une petite nav, 30 minutes seulement, en slalomant entre les zones pour arriver sans entrer dans une zone, à Saint Ghislain (et là, j'ai bien fait le plan de vol et le PPR). J'avais essayé de contacter Tournai, mais ils ne sont ouverts que le weekend et les jours fériés.
Donc Paul pilote, je le guide, on passe à droite d'un village, puis on tourne à gauche, et on slalom entre les petites zones rouges. A mi-chemin, on voit l'ascenseur à péniches de Strépy-Thieu.
Un peu plus loin, on arrive devant une zone interdite, autour de Mons, on contourne et on arrive à Saint Ghislain. Vent arrière directement, la zone est serrée, il y a des zones à ne pas survoler, on fait très attention à la carte et on atterrit sur une piste assez courte, en très mauvais état, mais ça va. On sort au bout de la piste et on suit le taxiway, on passe devant des hangars éventrés, des épaves d'avion, des tracteurs à côté de hangars désaffectés (les tracteurs aussi devaient être désaffectés, je pense). Ensuite, on avance sur un taxiway qui fait parking, en regardant une ligne d'avions à gauche, et les hangars très proches à droite, c'est chaud !

Ce n'est pas le terrain le plus agréable que j'ai pu visiter, on dirait qu'il est à l'abandon, mais on est très bien reçu par une charmante jeune femme, qui fait ce qu'il faut : taxe d'atterrissage (cette fois, le terminal n'accepte pas le sans contact) et elle gère le petit bar en bas, et nous sert aussi. Elle nous parle d'un commandant, qui semble être celui qui gère la plateforme et s'occupe de la radio, mais on ne le verra pas (on l'a entendu un peu à la radio).
Pour être honnête, je ne retournerai ni ne conseillerai ce terrain à personne.
On repart pour un petit vol de 18 minutes vers Valenciennes pour s'occuper de faire la douane. Le décollage est millimétré, on suit le tour de piste sur la carte comme à l'arrivée, et on quitte pour traverser la campagne 5 minutes avant l'arrivée en France, à Valenciennes où j'étais la semaine d'avant en allant en Zélande. Tour de piste, atterrissage, on remonte la piste, pendant ce temps-là, j'appelle pour clôturer le plan de vol, on laisse un avion et un hélico passer et on repart, direction Orléans.
C'était le premier vol que l'on a fait ensemble, et j'ai vraiment bien apprécié. Paul pilote très bien, et a fait une bonne partie de la radio. J'ai pu faire la nav et des fois l'aider à slalomer, et je n'ai même pas pris de photos, cette fois, sauf le burger et le terrain de Saint Ghislain.
J'espère que l'on aura l'occasion de voler à nouveau ensemble une prochaine fois.
